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Editorial

RENTREE : UNE TERRE EN EBULLITION… ! UN MONDE EN GESTATION… !

S´il fallait dérouler -en zoom arrière - le film de cet été 2021, il ressemblerait à une succession de drames humains, de catastrophes naturelles et de bouleversements géopolitiques à toutes les étapes du calendrier et sous toutes les latitudes et longitudes de la planète. Que l´on pense aux inondations et aux incendies, aux tremblements de terres et autres cataclysmes naturels d´un climat déréglé. Et cette année notre pays, nous le savons, n´a pas été épargné.

Certes, il ne faut pas tomber dans une sinistrose qui ne peut conduire qu´à la morosité et au désenchantement, voire au désespoir. Il faut aussi ne pas oublier ni occulter les séquences qui font place aux éclaircies et à toutes ces zones lumineuses qui ont été l´occasion de rencontres profondes et de ressourcement vital, de repos réparateur et de découvertes inattendues. Seul ou en famille, en paroisse ou avec des amis. Ici ou ailleurs. Il reste que cet été meurtri laisse des cicatrices béantes que, seul, la solidarité vis-à-vis des personnes, la réflexion pour essayer de comprendre et l´engagement responsable pour opérer les nécessaires corrections de trajectoire permettront d’entrevoir un meilleur avenir.

Indépendamment des questions liées à de périlleuses situations géopolitiques (que l´on pense ici à l´Afghanistan mais aussi à d´autres régions en ébullition) et dans un contexte sanitaire encore marqué par le Covid qui n´a pas disparu, je voudrais faire un focus sur le rapport et diagnostic du Giec concernant l´état de notre planète-terre.

Peut-être la première attitude est-elle à la fois de prendre conscience de la gravité des questions posées mais aussi de garder raison. Entre le déni et la panique, il y a une place pour la réflexion lucide et pour les engagements concrets. Nous sommes dans une évolution, certes rapide qui est d´abord un processus.

Ce ne sera pas, demain, la fin du monde mais ce sera certainement la fin d’une certaine façon de vivre dans notre monde. Pour ne pas répéter ce que les médias n´ont cessé de répercuter dans des éditions et émissions qui rimaient le plus souvent avec répétition, je voudrais vous (nous) proposer deux chemins "inattendus" et cependant féconds dans ce contexte de crise climatique et sanitaire.

1) C´est d´abord de garder, au cœur de ce climat fait d´inquiétude et de morosité, une réelle et belle capacité de s´émerveiller. Non pas des laideurs d´une terre confrontée à ses démons qui sont souvent ses excès, mais de ce regard possible et vrai sur tout ce qui révèle et suscite la beauté d´une terre reconnue comme l´œuvre créatrice de Dieu "qui vit que cela était bon". Il n´y a ici ni naïveté ni aveuglement devant l´urgence des faire face aux réelles menaces qui pèsent sur notre terre et sur la qualité de vie de "tous les vivants" de notre planète. Mais sachons-le: il n´y a pas d´avenir sans la capacité de s´émerveiller. Un monde sans beauté est un monde sans futur.

2) C´est aussi de refuser -et de dénoncer - des soi-disant solutions qui ne seraient que des attitudes suicidaires au plan sociétal. Je pense ici à cette proposition - émise à la suite du rapport du Giec - de limiter le nombre d´enfants à un par couple pour réduire drastiquement (!) les émissions de CO2 ! Cela rejoint la réflexion d´un humoriste bien connu (dans "La Libre Belgique" de ce mardi 10 août 2021) présentant son spectacle ("Ad Vitam"); invitait ses spectateurs à choisir entre "avoir des enfants ou, plutôt, être heureux"! Dans quel monde vivons-nous si le bonheur passe par le refus de donner la vie ? Le bonheur n´est jamais du côté du repli frileux et égoïste au nom de son confort uniquement personnel. Il y a d´autres choix plus pertinents pour garantir l´avenir et ne pas se tromper de bonheur. Sans doute l´humour a-t-il comme objectif de poser un regard décalé sur la réalité (et c´est un signe de santé sociale) mais il ne faudrait pas que s´ensuive une banalisation vite transformée en une idéologie dominante.

Dans quelques jours, l´actualité, par médias interposés, nous invitera à nous souvenir du 11 septembre 2001 et cela 20 ans après les attentats qui restent bien gravés dans la mémoire collective.

C´est dans ce contexte que débute la nouvelle année pastorale 2021 - 2022. Je voudrais nous inviter :

- à l´Espérance lucide - à la bienveillance audacieuse, - à la reconnaissance émerveillée de tout ce qui est beau.

Soyons les témoins et les artisans d´un avenir où le bonheur se fondera sur un grand désir de simplicité et de partage. Peut-être nous faut-il prendre un peu de hauteur, non pas pour nous déconnecter des réalités de notre monde en souffrance, mais pour poser un regard qui voit que l´horizon n´est pas bouché. ° L´aube se lève pour ceux qui refusent de s´enfermer dans les ténèbres. ° L´aube se lève quand l´Evangile ouvre des chemins de tendresse et quand les cœurs de pierre deviennent des cœurs de chair.

Bonne nouvelle année pastorale.

  • Abbé Philippe Mawet, Curé responsable de Stockel Au Bois